Plutôt que d’aborder le financement comme une problématique isolée, l’article met en évidence les liens étroits entre les contraintes financières, la maturité opérationnelle, les systèmes de qualité et la transparence. Les exportateurs qui ne disposent pas d’un reporting financier fiable, de processus certifiés et de flux de trésorerie prévisibles sont systématiquement perçus comme risqués par les prêteurs, même lorsque leurs produits sont compétitifs et que la demande est sécurisée. L’analyse évolue ensuite vers des solutions concrètes. L’article présente des mécanismes qui fonctionnent déjà sur le terrain, tels que la finance mixte, les garanties de crédit, l’appui des agences de crédit à l’exportation, le financement de créances, les plateformes fintech et les accords d’achat sécurisés avec des acheteurs.
Le secteur agricole nigérian est un pilier de l’économie nationale — il emploie près de la moitié de la population active et représente environ 24 % du PIB — mais il est freiné par une faible productivité, des chaînes de valeur fragiles et d’importantes pertes post-récolte. Les petits exploitants assurent l’essentiel de la production alimentaire, pourtant les rendements de nombreuses cultures vivrières restent loin des références mondiales. Conséquence : le Nigeria importe d’importantes quantités de blé, d’aliments transformés et d’ingrédients, tandis qu’une part significative de la production nationale perd de la valeur avant d’atteindre le consommateur.
Cet article décortique les modèles opérationnels et les mécanismes concrets qui expliquent ces résultats : des coentreprises à prise de participation progressive permettant aux entreprises européennes d’accroître leur présence au fur et à mesure qu’elles apprennent le marché local ; des accords de partage des revenus qui favorisent le transfert technologique continu et le renforcement des capacités locales ; et des évaluations de la résilience des chaînes d’approvisionnement qui privilégient la redondance logistique, l’adaptation au changement climatique et la diversification des fournisseurs plutôt que des économies de court terme. Il montre également en quoi une diligence raisonnable renforcée — examinant l’adéquation culturelle, la complexité réglementaire et la dynamique des parties prenantes — améliore sensiblement les performances des investissements.
L’Afrique peut devenir un acteur clé sur le marché mondial des protéines animales grâce à des succès déjà tangibles (Rwanda, Namibie, Éthiopie, Maroc), à l’ouverture de 10 marchés majeurs et à un plan en 3 phases reposant sur 5 piliers stratégiques.